Voilà pourquoi un mixage « taille unique » ne marche pas. Voici ce qui change réellement d'un genre à l'autre et pourquoi ça compte.
Rock et indie
Le rock, c'est l'énergie et l'impact. Le mix doit frapper.
La batterie devient punchy. La grosse caisse a un clic prononcé autour de 3-5 kHz et un poids de grave solide autour de 60 Hz. La caisse claire claque avec une remontée autour de 2-4 kHz. La compression est serrée : attaque rapide, release rapide, ratio assez élevé. Tu veux une batterie qui paraisse agressive et maîtrisée.
La basse se cale avec la grosse caisse. Le bas-médium autour de 200-400 Hz est souvent légèrement atténué pour réduire la boue, tandis que le fondamental sous 100 Hz reste fort. La compression sidechain déclenchée par la grosse caisse fait légèrement s'abaisser la basse à chaque coup, ce qui garde le grave propre.
Les guitares possèdent le médium. Les guitares électriques reçoivent des remontées de présence autour de 2-5 kHz et sont généralement pannées large (les rythmiques à fond à gauche et à droite). La compression est modérée. Le but, c'est un mur de son qui remplit le champ stéréo.
La voix doit percer une instrumentation dense. Plus de compression que dans d'autres genres, plus une remontée de présence dans le haut-médium pour se poser au-dessus des guitares.
Jazz
Le jazz, c'est la dynamique, l'espace et le feeling. Trop de traitement le tue.
La batterie est traitée avec douceur. Une compression plus légère (ratio bas, attaque lente) préserve la dynamique naturelle. Le jeu aux balais, les ghost notes, le son de la pièce, tout compte. Tu veux entendre le batteur respirer, pas une machine.
La basse (en général une contrebasse) reçoit de la chaleur dans le bas-médium et une compression minimale. L'irrégularité naturelle d'une contrebasse pincée fait partie du son. L'aplatir sonne faux.
Le piano et les cuivres reçoivent une dynamique large et une réverbe naturelle. Ces instruments s'épanouissent dans un espace acoustique. Une réverbe à plaque ou une simulation de pièce qui sonne comme une vraie salle change tout.
La voix en jazz s'assoit dans le groupe au lieu de le dominer. Moins de compression, un timbre plus naturel. Le ou la chanteuse est un membre de l'ensemble, pas la vedette plantée devant.
Le panning est souvent naturaliste : les instruments sont là où ils seraient sur une petite scène. L'image stéréo est intime, pas large.
Électro et EDM
La musique électronique, c'est la précision, l'impact et la puissance du grave.
La grosse caisse et la basse sont tout. La grosse caisse reçoit un sub bien lourd (30-60 Hz) et un clic transitoire net. La compression sidechain entre grosse caisse et basse est essentielle : chaque coup de grosse caisse fait ducker la basse pour qu'elles ne se battent pas dans le grave. C'est ce qui crée la sensation de « pumping » caractéristique.
Les synthés sont lourdement traités. Les courbes d'EQ sont précises et chirurgicales. La compression peut être agressive. La largeur s'obtient par des effets stéréo, du désaccordage et un panning extrême des différentes couches de synthé.
La batterie est serrée et maîtrisée. Quantifiée, compressée et gatée. Zéro son de pièce. Chaque frappe est délibérée et punchy.
La voix (quand il y en a une) est fortement traitée. Auto-tune, compression lourde, effets créatifs. La voix devient un instrument de plus dans la production plutôt que le point focal narratif.
Le mastering vise plus fort que dans les autres genres. L'EDM est pensée pour les sonos de club et les festivals, où c'est l'impact brut qui compte.
Acoustique et folk
Ces genres demandent le moins de traitement. L'objectif, c'est la transparence.
La guitare acoustique reçoit un EQ minimal. Peut-être une légère atténuation autour de 200 Hz pour réduire l'effet boîte et une douce remontée d'air au-dessus de 10 kHz. Compression légère. L'attaque du médiator et la résonance de la pièce sont des atouts, pas des problèmes.
La voix est en avant et plutôt sèche. Une touche de réverbe pour la profondeur, mais bien moins qu'en rock. C'est l'intimité de la voix qui fait tout.
La dynamique reste large. L'écart entre un couplet calme et un refrain fort fait partie de l'arc émotionnel. Une compression lourde aplatit ça.
Metal
L'extrême du spectre du traitement.
Les guitares ont les médiums creusés, beaucoup de gain, et sont pannées à fond à gauche et à droite. Plusieurs pistes de guitare superposées pour l'épaisseur. Le grave serré des palm mutes exige un filtrage passe-bas précis pour ne pas embouer le mix.
La batterie est déclenchée ou largement remplacée pour garantir des frappes régulières et puissantes. Compression rapide et serrée. La grosse caisse est particulièrement critique : elle doit percer des guitares saturées à plus de 200 BPM.
La basse suit les riffs de guitare de près et reçoit un traitement tonal similaire. Elle est souvent compressée fort pour rester constante sous le mur de guitares.
Les voix (claires comme criées) demandent un traitement agressif pour percer le mur dense d'instruments.
Pourquoi ça compte pour le mixage automatisé
Le moteur de décision de Bandmixr ajuste chaque paramètre selon le genre que tu choisis : ratios et temps de compression, courbes d'EQ, quantités de réverbe, largeur de panning, routage du sidechain et cibles de mastering. Ce n'est pas juste un filtre. C'est une philosophie de mixage différente pour chaque genre.
Treize profils de genre sont actuellement disponibles : Rock/Indie, Pop, Acoustic, Hip Hop/Grime, Electronic, Reggae/Dub, Orchestral, Metal, Jazz, Blues, Funk/Soul, Punk, et un « Other » polyvalent pour tout le reste.

Choisis le bon genre et tu as déjà fait 80 % du chemin vers un bon mix.
